Contexte de l'intervention
Ce CMI C175, motorisé en Cummins QSB4.5, tourne sur un poste de concassage à Wassy, en Haute-Marne (52). Le chef de chantier nous a signalé un voyant moteur fixe accompagné d'une perte de puissance nette en charge, la machine basculant en mode dégradé dès que le régime montait sur les phases de concassage soutenues.
Diagnostic et codes relevés
Une fois la prise diagnostic branchée sur le calculateur Cummins, nous avons relevé cinq codes actifs qui racontent une histoire cohérente de dérive sur toute la chaîne d'après-traitement. Le code 1993 indique que l'ECM ne détecte plus le filtre à particules dans la configuration attendue, ce qui bloque toute gestion normale de la charge de suie et de la régénération. En parallèle, le code 1883 montre que le capteur de pression différentielle du DPF renvoie des données erratiques, un signal incohérent qui empêche l'ECM de suivre fidèlement l'encrassement du filtre.
Cette instabilité du capteur explique en grande partie le code 3375, qui signale des régénérations anormalement rapprochées — le calculateur, privé d'une lecture fiable, déclenche des cycles de régénération à un rythme excessif pour compenser une suie qu'il n'arrive plus à estimer correctement.
Côté SCR, le code 3151 indique que le système ne reconnaît pas le catalyseur SCR dans sa configuration nominale, ce qui empêche toute évaluation du traitement des NOx à partir des capteurs d'entrée et de sortie d'après-traitement. Le code 5655 vient confirmer ce constat en mesurant un rendement de conversion SCR sous le seuil attendu, lié au dosage du réducteur et à l'état du catalyseur. L'ensemble de ces codes converge vers une chaîne d'après-traitement en échec généralisé, cohérente avec le mode dégradé ressenti sur la machine en charge.
Notre méthode d'intervention sur ce CMI C175
Nous avons accédé au calculateur moteur Cummins QSB4.5 via la prise diagnostic constructeur, en bench mode pour sécuriser la lecture et l'écriture des paramètres sans risque de coupure en cours de reprogrammation. La première étape a consisté à faire une lecture complète de la cartographie existante pour identifier précisément les routines de gestion du DPF et du SCR concernées par les cinq codes relevés.
Nous avons ensuite désactivé électroniquement, au niveau du calculateur, les fonctions de surveillance et de régénération du filtre à particules associées aux codes 1993, 1883 et 3375. Cette désactivation logicielle supprime les routines qui déclenchaient les régénérations excessives et les alertes de pression différentielle, sans toucher physiquement au filtre en place sur l'échappement.
Sur la partie après-traitement des NOx, nous avons supprimé au niveau de la cartographie les stratégies de dosage du réducteur liées aux codes 3151 et 5655, de façon à ce que le calculateur ne cherche plus à évaluer un rendement de conversion SCR devenu incohérent avec les données capteurs. Une fois les modifications injectées, nous avons effacé l'ensemble des codes et relancé le moteur pour vérifier l'absence de réapparition en conditions de charge réelles sur le poste de concassage.
Le retrait physique du filtre à particules et la vidange du circuit AdBlue restent à la charge du client ou d'un mécanicien tiers. Cette étape mécanique est fortement recommandée à court terme : sans elle, le DPF et le circuit AdBlue demeurent physiquement en place et continuent de s'encrasser avec le temps, ce qui peut conduire à une obstruction progressive de l'échappement ou à un blocage mécanique.
L'engin opérationnel, sans restriction
Après reprogrammation, le CMI C175 a tourné en charge sur le poste de concassage à Wassy sans réapparition d'aucun des cinq codes relevés et sans retour du mode dégradé. Le moteur Cummins QSB4.5 répond normalement sur toute la plage de régime, sans perte de puissance ni voyant moteur allumé. L'intervention, menée en 2h30 directement sur le site exploité en Haute-Marne (52), permet à la machine de reprendre son activité de concassage dans des conditions normales.